


Le Monde
Par Safia Ayache(Alger, correspondance)
Publié le 02 avril 2022

L’Etat a annoncé l’ouverture de 1 200 points de vente pour faciliter les achats des familles, alors que le conflit en Ukraine a fait exploser les cours des matières premières.
Dans le quartier populaire de Bab el-Oued, à Alger, les acheteurs se pressent devant la trentaine de stands installés sur la place qui fait face à la mer. Huile d’olive, fromages, légumineuses, épices, dattes… Tous les produits prisés des Algériens pendant le mois de ramadan y sont proposés. Avant de passer commande, les acheteurs se tournent vers les tarifs affichés par les commerçants. « Ici, tout est au prix d’usine », explique un jeune vendeur de levure et de sucre, ingrédients indispensables à la préparation des desserts qui viendront égayer les tables familiales lors du ftour, le repas de rupture du jeûne.
Ce « marché Errahma » (marché de la bonté), reconnaissable à ses chapiteaux blancs, a fait son apparition il y a quelques jours dans la capitale algérienne. L’objectif est de « combler le vide en termes de structures de proximité et d’assurer la disponibilité des produits et la stabilité des prix », précise Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA).Les autorités ont annoncé l’ouverture de quelque 1 200 points de vente pour faciliter les achats des familles, déjà sous pression. Car à la traditionnelle inflation observée à cette période de l’année s’ajoute une hausse des prix à la consommation de 9 % en janvier 2022 par rapport à janvier 2021, d’après les données de l’Office national des statistiques (ONS). Une situation qui inquiète alors que le conflit en Ukraine a fait exploser les cours mondiaux des matières premières.
L’huile de table, une denrée devenue rare
Sur le marché de Bab el-Oued, « c’est moins cher que dans les magasins normaux », confirme Hassina, un panier à la main. « J’ai acheté de la levure pour 4 dinars alors que dans les supérettes le paquet est à 10, ainsi que des feuilles de brick pour 75 dinars alors qu’elles peuvent atteindre 100 dinars ailleurs », cite la mère de quatre enfants, qui s’est octroyé un budget de 10 000 dinars (63 euros) pour les premières courses du ramadan.« Les prix sont moins élevés qu’à l’extérieur, mais comme tout a augmenté ces derniers mois, ça reste cher », souligne Fatma, une habitante du quartier. Si elle est venue au marché Errahma, c’est surtout parce qu’on y vend de l’huile de table à bon prix, une denrée devenue rare ces derniers mois. Pourtant, les stocks de marchandises existent et sont suffisants pour satisfaire la demande, assure Hadj Tahar Boulenouar : «25 000 tonnes d’huile seront par exemple commercialisées pendant ce ramadan. »Selon Zaki Hafiz, président de la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), la situation actuelle s’explique par « le déficit de production de certains produits – notamment l’huile et la semoule –, la spéculation, mais aussi le stockage de la part des consommateurs ». Cette panique est « provoquée par la désinformation et le manque de confiance des consommateurs envers le marché », assure-t-il.
Conscientes du risque de mécontentement social, les autorités tentent de rassurer. « Les produits agricoles, les différentes viandes et la poudre de lait seront disponibles en quantités suffisantes et à des prix acceptables durant le ramadan », a assuré Mohamed Abdelhafid Henni, le ministre de l’agriculture, le 20 mars. Au début du mois, la présidence avait même interdit l’exportation de produits de large consommation importés par le pays : le sucre, les pâtes, l’huile, la semoule ainsi que les dérivés du blé, dont l’Algérie est l’un des principaux pays importateurs en Afrique.
Couper l’herbe sous le pied des spéculateurs
Outre les marchés de proximité, les autorités ont prévu l’ouverture de 660 points de vente de viande et de produits laitiers pendant le ramadan, afin de privilégier la vente directe entre les producteurs et les consommateurs. Elles espèrent ainsi limiter les intermédiaires et couper l’herbe sous le pied des spéculateurs, qui sont régulièrement accusés de faire de la rétention de produits pour provoquer la hausse des prix. Des mesures qui répondent à une situation d’urgence mais ne satisfont pas les associations de consommateurs et de commerçants, lesquelles réclament depuis des années des « solutions durables ». « Nous avons besoin de centres logistiques autour des grandes villes et d’hypermarchés. La grande distribution est embryonnaire, alors qu’elle permettrait d’instaurer une concurrence saine et des prix intéressants », estime Zaki Hafiz.
En Algérie, le nombre de marchés, tous types confondus, ne dépasse pas les 2 000, alors que « le besoin estimé est de 2 500 à 3 000 marchés », précise Hadj Tahar Boulenouar. « Le secteur commercial manque d’au moins 500 structures. C’est aussi aux autorités locales de prendre leurs responsabilités pour qu’elles voient le jour », juge le président de l’ANCA.

En ce 35ème anniversaire de l’assassinat de Ali Mecili, j’ai une profonde et amicale pensée pour son épouse, Annie, cette femme admirable de courage et de dignité qui n’a jamais cessé de se battre contre l’impunité dont bénéficient les assassins de Ali Mecili.J’ai aussi une affectueuse pensée pour leurs 2 enfants Léa et Yalhane
UN COMBATTANT DE LA GUERRE DE LIBÉRATION
Ali Mecili s’est engagé très tôt dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Doué d’une intelligence brillante, d’un esprit vif, d’une extraordinaire capacité d’analyse, il connut une ascension fulgurante, en accédant rapidement au grade de lieutenant dans les services de renseignement de l’Armée de Libération Nationale.
UN OPPOSANT DE LA PREMIÈRE HEURE
Après l’indépendance, il s’oppose au coup d’état mené par le clan d’Oujda (Boumediene et Ben Bella) contre le GPRA et les institutions de la révolution algérienne. Rapidement, il rejoint Ait Ahmed et participe à la création du premier parti politique dans l’histoire de l’opposition algérienne, le FFS (Front des Forces Socialistes) en date du 29 septembre 1963.Le 17 octobre 1964, il est arrêté par l’armée de Boumediene et transféré à la prison militaire d’Oran. Libéré le premier novembre 1965, il prend la route de l’exil dès le début de l’année suivante. Homme d’éthique, de dialogue, Mecili était doté d’une exceptionnelle vision stratégique. Il a formé de nombreux militants à la culture démocratique et a été à l’initiative de plusieurs projets, notamment la création de la première Ligue de Défense des Droits de l’Homme en Algérie.
L’AVOCAT DES PAUVRES ET LE DÉFENSEUR DES CAUSES JUSTES
En 1973, Ali Mecili devient avocat et s’installe à Paris. Il consacre une bonne partie de son temps à défendre les exilés politiques de toutes origines, les sans-papiers, les travailleurs immigrés, les réfugiés politiques…Il crée avec une psychanalyste turque et d’autres militants « La Maison bleue », un lieu d’accueil pour les pauvres et les vieux chibanis. La « Maison bleue» proposait gratuitement divers services assurés par des bénévoles : écrivains publics, assistantes sociales, avocats, médecins…
L’AMI ET LE COMPAGNON LE PLUS PROCHE DE HOCINE AÏT AHMED
Dès 1962, les deux héros de la guerre de libération s’engagent pour la reconquête de l’indépendance confisquée par l’armée des frontières conduite par Boumediene. De ce combat commun, allait naitre l’une des collaborations les plus fécondes qu’il nous ait donné de voir et une amitié fusionnelle destinée à durer au-delà de la mort.
L’ASSASSINAT DE ALI MECILI
Le 7 avril 1987 Ali Mecili est assassiné de 3 balles tirées à bout portant dans l’entrée de son domicile à Paris. Le 12 juin 1987, sur la base de renseignements confidentiels très précis, la police judiciaire française arrête le présumé assassin, un certain Abdelmalek Amelou, un voyou au lourd casier judiciaire. Deux livres ont été consacrés à cet ignoble assassinat, l’un écrit par Ait Ahmed et l’autre par Michel Naudy, un immense journaliste d’investigation. Les deux livres évoquent un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne qui aurait été trouvé dans le domicile de Amelou Abdelmalek lors d’une perquisition menée par la police française. Malgré un important faisceau d’indices graves et concordants, le gouvernement français le réexpédie à Alger au lieu de le remettre à la justice. Depuis, ce petit voyou mène une vie de pacha en Algérie. Tout se passe comme si le pouvoir algérien était assuré de la complicité de l’Etat français et de sa complaisance pour oser commettre un crime barbare au cœur de Paris.
ALI MECILI SAVAIT QU’IL ALLAIT ÊTRE ASSASSINÉ
Ali Mecili faisait partie des rares personnes qui s’opposaient haut et fort contre l’Etat policier algérien à cette époque. Se sachant menacé, il a écrit ces lignes :«J’aurais pu mourir hier sous les balles des soldats de la colonisation, je meurs aujourd’hui sous des balles algériennes dans un pays que l’ironie de l’histoire a voulu que je connaisse après l’avoir combattu les armes à la main. Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l’Algérie.»
Repose en paix camarade, ton combat est aujourd’hui repris par des millions d’Algériennes et Algériens.

On a dit souvent que Bouteflika président, c’est ne quitter le siège de la Présidence que pour le cimetière. Son rêve le plus cher était en effet de demeurer président à vie. Le lecteur découvrira au fil des lignes comment il a trituré la constitution pour faire sauter le verrou qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels. Il constatera aussi qu’il a entrepris des manœuvres et engagé des bras de fer avec les généraux putschistes afin de se débarrasser du général-major Mohamed Tewfik Mediène. Tout comme il apprendra qu’il a également noué des alliances contre nature avec certains centres de pouvoir afin d’atteindre le but ultime de sa vie. Hélas pour lui, dans ses calculs d’apothicaire, il n’a jamais pris en considération une donnée primordiale : même dans un système dictatorial, le peuple demeure la source du pouvoir.
En février 2019, à deux mois d’un cinquième mandat, le Hirak, un mouvement de contestation pacifique du peuple, allait détruire le château de cartes qu’il avait bâti. Des retournements de veste de certains piliers du pouvoir ont également contribué à mettre fin à ses rêves.
PAR AW · AVRIL 3, 2022

Algeria-Watch, 3 avril 2022
La vie du militant et hirakiste Sami Dernouni est en danger. En effet, Sami Dernouni a été enlevé le 1er avril 2022 par des éléments de la police politique en face de son domicile à Batna (à l’est du pays). Selon ses proches, il aurait été transféré à Alger où il est détenu dans un lieu tenu secret.
Hirakiste très connu en Algérie, Dernouni milite pour un État civil démocratique. Il a déjà subi la torture de la DGSI lors d’une première arrestation à la fin de l’année 2020. En effet, entre le 2 et le 7 décembre 2020 il a subi de nombreux sévices (décharges de pistolet électrique « Taser », torture à l’eau, coups et insultes…) dans les locaux de la sinistre caserne Antar. Sami Dernouni garde des séquelles multiples des tortures endurées lors de cette arrestation. Il a notamment développé un certain nombre de problèmes cardiaques.
Depuis sa sortie de prison le 7 décembre 2021 Sami Dernouni est la cible d’un harcèlement judiciaire ininterrompu. Il a est poursuivi dans au moins huit affaires dont les différents chefs d’accusation sont principalement fondés sur des publications dans les médias sociaux ainsi que des communications privées. Sami Dernouni paye ainsi au prix fort son engagement pour les libertés et la justice.
Si le militant pacifique Sami Dernouni devait être torturé à nouveau, le régime militaro-policier en assume l’entière responsabilité. Sami Dernouni, particulièrement ciblé, n’est malheureusement pas un cas isolé. Les pratiques tortionnaires de la police politique ne constituent nullement des dépassements circonstanciels, il s’agit bel et bien de méthodes abjectes systématiquement employées contre des citoyens qui ont seulement voulu exprimer leurs opinions. Il est important de rappeler que de nombreux prisonniers politiques, partisans non-violents d’un État de Droit, sont victimes de ce type d’exactions et d’atteintes à leur dignité, alors qu’ils croupissent dans les geôles de l’arbitraire.
Algeria-Watch prend l’opinion internationale à témoin, réaffirmant le caractère inaliénable de la liberté d’expression, le respect impératif de la dignité des citoyens et appelle à la libération immédiate et sans condition de Sami Dernouni.
Rachid Ziani-Cherif

Combien de fois n’avons-nous pas entendu ces cris qui interpellent, ces voix bienveillantes et tant soucieuses de l’avenir de la patrie, nous disserter au nom de la real politik, du pragmatisme et de l’abnégation, de cesse nous ‘conjurer’ de la nécessité de répondre favorablement et positivement aux invitations de la main tendue du Pouvoir, pour adhérer à ses entreprises nationalistes et salutaires, pour faire front commun, et sauver le pays des différents ennemis qui le guettent et du péril dévastateur de la main étrangère, tout cela pour un objectif ô combien noble : bâtir un état fort, de l’intérieur même du système (de ses rouages en place depuis 62) et d’accepter que le changement se fasse par petits pas, évitant toute velléité de jusque-boutisme, d’absolutisme, de dégagisme et de radicalisme.
Beau discours assurément, charitable et vertueux même, excepté qu’à force d’en user et abuser, il est devenu synonyme d’opportunisme endémique, avec les sombres résultats qu’on connait, et ses vils desseins qu’on connait encore plus. Cette entreprise est d’autant plus dévoyée, émanant de ‘personnalités’ dont on connait le parcours, le positionnement, le revirement incessant, et la consécration finale, tout ce parterre d’hyper-nationalistes qui ont enfourché ce cheval du changement de l’intérieur et se sont fait les portes étendard de cette realpolitik des petits pas, qui s’est toujours soldée par leur changement à eux et non du système qu’ils prétendaient vouloir changer ‘paisiblement’ par doses homéopathiques.
Il est fort intéressant de remarquer que ces voix se taisent un temps (quelques années), bien calfeutrées dans les salons douillets de la zone verte, puis tout à coup, ou plutôt en exécution aux sommations de ceux aux commandes, et à certains moments critiques, suite à certaines crises que rencontre l’establishment et mettent en danger la cohésion et la pérennité de la nomenklatura, reprennent du service, se remettent « aux fourneaux » dans leur fonction de « médiateurs de bon offices » pour nous ressasser la même rengaine, à l’image de leurs appel dans le cadre de la loi dite Rahma, ou celle de la réconciliation ou encore la concorde civile, et dernièrement, au lendemain de l’élan civique et pacifique du 22 février 2019, pour vendre au peuple à nouveau, le devoir salvateur de rentrer chez lui et de «participer» de manière réaliste à l’édification d’une «Algérie nouvelle», cette Algérie qu’on voit au jour le jour se construire derrière les murs des prisons, broyant des centaines de familles, et des campagnes d’intimidations, n’épargnant ni femmes ni vieillards ni enfants, usant de ces mêmes éléments bourreaux, reconduits dans leurs sales besognes, ceux-là mêmes qui ont plongé le pays dans cette situation délétère, avec un Peuple Otage d’une mafia au Pouvoir.
Quant au changement tant claironné et promis par ces bonnes âmes charitables, force est de reconnaître, qu’après s’être longtemps agglutinés au portes de ce système, ces voix ont toutes été ‘phagocytées’ sans que ce dernier n’ai changé d’un iota. Mais avant de poursuivre, il est nécessaire d’expliquer le phénomène de la phagocytose, puisque c’est de cela qu’il s’agit.
«La phagocytose, en biologie, est le processus cellulaire par lequel certaines cellules peuvent ingérer des particules étrangères solides d’échelle micrométrique ». Ces cellules (appelées phagocytes) qui ont cette aptitude de phagocytose opèrent selon 4 étapes :
1 – L’Adhésion. 2 – L’Ingestion. 3 – La Digestion. 4 – Le Rejet des déchets.
Le système en place agit exactement en tant que cellule phagocytaire (phagocyte), émulant au détail près, ces cellules dans son entreprise de fixation des partis, personnalités, associations, etc… (ce qui correspond à la phase dite d’adhésion); puis leur enrôlement (ingestion), liquéfaction (digestion) et enfin d’excrétion (rejet des déchets) de tous les éléments qui lui sont extérieurs et qui s’y frottent à son protoplasme (système de gestion), pour les neutraliser, soit en les dénaturant, mettant fin à leur hypothétique danger et crédibilité, soit en les englobant/broyant dans son appareil, sans que ce système ne fasse la moindre concession quant à sa nature, ni à sa structure de base fondamentale.
Est-il nécessaire de rappeler à cet effet, que quiconque s’étant aventuré à s’introduire ( de bonne foi ou par opportunisme) dans ce système (tout au long de ses 60 ans de ‘gouvernance’ et particulièrement depuis Janvier 1992), n’ait pu échapper à ses 4 mécanismes phagocytaires, pour ne devenir en fin de compte qu’un vulgaire élément en dérive, certains poussant parfois le ridicule jusqu’à la surenchère, dans leurs louanges du Système qu’ils étaient sensés et prétendus changer, à l’image des ‘ultra’ du RCD (Said Saadi, Khalida Toumi, Amara Benyounes, passés d’une opposition farouche au système ‘totalitaire ‘ à de fervents ministres au cabinet de ce même système), ou les adeptes du parti ‘l’Islam est la solution’ *, incarnés par l’invétéré Bouguerra Soltani ou bien « l’homme d’état » ** proclamé par le Ministre de l’auto route Est Ouest, Amar Ghoul, ou encore cette trotskiste qui au lieu de changer ce système qu’elle n’a de cesse accusé de toutes les dérives, s’est convertie paisiblement et fermement en une fervente et virulente porte-parole et soutien indéfectible du sinistre DRS et de son chef, sans oublier ceux qui prétendaient œuvrer à bâtir Etat islamique, l’un reconnaissant même avoir tué de leur propres mains des jeunes du Service nationale et qui, se sont transformés par un Deux ex machina en personnalités politiques accueillies avec les honneurs par des chefs de gouvernements, pour ne citer que ces quelques exemples phagocytés par ce système qu’ils prétendaient combattre et reformer, sans oublier bien sur cette ribambelle de politiciens, journalistes, écrivains, analystes, qui une fois gobés par ce système phagocytaire sont devenu ses outils de propagandes les plus zélés. Il serait toutefois injuste de ne pas mentionner les quelques cas (il en existe heureusement, même s’ils sont rares) qui après s’être rendu compte de l’impossibilité de changer l’inchangeable, ont refusé d’y faire part, s’exposant ainsi à l’ire foudroyant du système et leur exclusion, la plupart d’une manière violente, soit par diffamation avant leur incarcération pour ‘crimes’ présumés, soit lynchés médiatiquement, les offrant à la vindicte populaire, ou bien par règlement de compte ‘et d’épuration’, quand il s’agit des hommes de ce même système, des ‘fauteurs de troubles’ qui se rendant compte de l’impossibilité de réformer le système lui ont claqué la porte, défiant sa mainmise, à l’image du fameux coup d’état scientifique fomenté pat le triste et sinistre Hajjar, contre feu Abdelhamid Mehri.
Est-il nécessaire de rappeler également que ces âmes charitables, maintenant confortablement installés (phagocytés à proprement parler) par le protoplasme du système de cette Algérie renouvelée dans sa constance, tant sur le plan des réflexes que des mécanismes, ceux qui avaient répondu aux appels de bâtissage et de front contre les perpétuels ennemis aux aguets, sont tous devenus sans exception, partie intégrale du système qu’ils ont rejoint pour changer, que si changement il y a eu, c’est bien le leur, dans leurs objectifs, leurs parcours, leurs évaluation de la situation, leurs priorités, bref changé en tout, en sus d’un changement conséquent dans leur statut social et financier, un changement loin d’être ‘négligeable’.
Est-il nécessaire aussi de rappeler à ces ‘pragmatiques’ qui refusent ce qu’ils appellent « la politique de la chaise vide », que ‘la participation’ aux yeux du Pouvoir, signifie le gavage à son ‘buffet’ exclusivement, et que le couloir de manœuvre qui leur est consenti, se résume au quota attribué aux ‘participants’ dans les différentes assemblées et autres postes pourvoyeurs de prébendes, en sus des avantages juteux tels que le passeport diplomatique et d’allocation en devises, et que mis à part cela, il est interdit, au risque fatal, à quiconque de remettre en question la nature du pouvoir et de ses mécanismes, en un mot toutes les prérogatives régaliennes restent la chasse gardée des gardiens du temple, ceux qui font et défont les vitrines politiques de la république démocratique et populaire, ceux à qui revient le DROIT sans partage de prendre les décisions et les seuls à même de maintenir en place les organes fondateurs du système.
Voyons de plus près ce que veut dire débat, main tendue, et travail ensemble, dans le lexique du Système: libre à chacun de créer des partis, des organisations, des associations, sans limite, et sous quelque bannière que ce soit, de l’extrême gauche à l’extrême droite, laïque ou islamique, communiste ou libérale (Bouteflika ne s’est-il pas vanté un jour de rassembler dans son gouvernement, la chechia de Nahnah et la minijupe de Khalida!), tout cela n’a aucune importance ni de conséquences, tant que ces acteurs sachent faire preuve de « réalisme, pragmatisme et objectivité», comprendre ne pas toucher aux fondements du système, et qu’il ne faut absolument pas remettre en question, ou de mette sur la table du débat la question de la mainmise de la police militaire, son OPA sur tous les champs d’actions majeures; il n’est pas question également de contrôle politique civil à travers les élus des chambres parlementaires, du fonctionnement, du financement et des ‘marchés’ des institutions militaires et du renseignement. Il faut que tous les participants dans les rouages du Système s’imprègnent profondément du sacro-saint contrôle total et exclusif par cette police militaire, et de la règle non écrite qi stipule que ‘l’opposition’ doit se constituer, activer et « s’opposer », sous le haut patronage et directives de la police militaire. Cette règle en encre invisible est connue, acceptée, voire âprement défendue par les éléments et partis répondant aux appels de ce système et faisant partie de ses assemblées, et tous ceux qui ont la malheureuse idée d’essayer de s’en affranchir, se voient appliquer la sentence implacable, qu’on connait.
A ces gens-là, je leur rappelle enfin que ceux qui ont refusé cette participation qu’ils considèrent pure compromission, et une trahison contre la volonté du peuple, que ces ‘refuseniks’ ne sont ni utopistes, ni jusque-boutistes, ni extrémistes, et encore moins ennemis de la nation ou de son ANP, il suffit pour cela, de faire un bref flash-back, et se rendre compte de toutes leurs propositions, initiatives, chartes présentées, tout au long de ces années de feu et de sang et à ce jour, allant des appels à l’arrêt de l’effusion de sang et bâtir une Algérie pour tous et par tous, telles que prônées dès 1992, au lendemain du coup d’état, émis par d’authentiques patriotes de la trempe de Ben khedda, Bouregaa, Ait Ahmed, Ali Yahia et bien d’autres, suivis de la plateforme de Rome en 95, pour une solution politique sans exclusion, jusqu’aux dizaines d’initiatives aux lendemain du 22 février du Hirak, hélas toutes ces mains tendues, connues pour la sagesse et le réalisme sans reproche de leurs auteurs, sans naïveté cependant, ont reçu pour toute réponse un ‘niet’ dans le fond et la forme, pire encore, furent accusés de haute trahison et d’intelligence avec des forces étrangères!
En conclusion, au vu de l’aboutissement de ces phagocytoses successives, étalées sur prés e 60 ans de règne « démocratique et populaire », connues de tous, on est en droit de nous se poser la question simple mais o combien cruciale : dans ce processus phagocytaire « qui a changé qui?» !
الإسلام هم الحل*
أنا رجل دولة**
Par Safia Ayache(Alger, correspondance)
https://www.lemonde.fr/afrique/

Rareté des vols, prix exorbitants des billets, manque de communication des autorités… Le ras-le-bol monte chez les clients d’Air Algérie, la compagnie aérienne nationale.
A deux pas de la place Maurice-Audin, en plein centre d’Alger, une dizaine de personnes patientent devant le siège de la compagnie Air Algérie. Ticket numéroté à la main, ceux qui sont à l’intérieur de l’agence prennent leur mal en patience dans l’attente d’un renseignement sur leur projet de voyage. Naïma malmène le bout de papier entre ses doigts. « Je suis venue ce matin et il y avait un monde fou. Je suis rentrée chez moi et là je tente de nouveau ma chance », explique cette quinquagénaire, arrivée début février pour rendre visite à sa mère âgée et qui souhaite rejoindre son domicile, dans le sud-ouest de la France.
Pour venir en Algérie, déjà, « c’était toute une mission », poursuit-elle. Il lui a fallu prendre le train et partir depuis Paris, car le nombre de vols en partance du sud de la France vers l’Algérie est très limité. Il y a deux ans, cette mère de famille était restée « coincée » quatre mois dans la capitale algérienne à la suite de la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes décidée en mars 2020 par les autorités pour endiguer la pandémie de Covid-19. Depuis, le trafic au départ et à destination de l’Algérie n’est jamais revenu à la normale.
Après la réouverture partielle du 1er juin 2021, les espoirs des voyageurs ont de nouveau été douchés avec le retrait, sans explication, d’un programme d’Air Algérie qui prévoyait une augmentation hebdomadaire de 108 vols. A partir du 15 mars, ceux-ci étaient supposés s’ajouter à la cinquantaine de vols déjà opérés. Le 10 mars, un jour après la publication de ce programme, le limogeage pour « faute grave » du ministre des transports, Aïssa Bekkaï, a ouvert la voie à de nombreuses spéculations.
Cacophonie
« Il n’y a pas de logique dans la prise de décision », résume laconiquement Abdelouahab Yagoubi, membre de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée populaire nationale (APN), qui appelle depuis plusieurs mois à la réouverture complète du ciel algérien. « On comprend qu’au début de la crise, c’était la panique. Il n’y avait pas les outils permettant de faire un contrôle des passagers. Mais maintenant, avec les tests de dépistage, c’est différent », poursuit ce député de la diaspora, très critique sur ce qu’il qualifie de « cacophonie ».
Jeudi 24 mars, un nouveau ministre des transports, Abdallah Moundji, a été nommé par le président Abdelmadjid Tebboune. Le même jour, le ministère a publié un nouveau programme faisant état de 64 vols supplémentaires opérés par la compagnie nationale dès le 27 mars. Sauf que celui-ci a de nouveau été supprimé des réseaux sociaux institutionnels sans raison donnée.
De quoi émettre les nerfs des voyageurs à rude épreuve. « C’est à en devenir fou », se plaint Nassim, un habitant de la région de Sétif, dans l’est du pays. « Plusieurs villes de l’intérieur ne figurent même pas au programme. On se retrouve dans l’obligation de partir depuis Alger, Constantine ou Oran », observe le jeune homme. Dur de planifier un voyage, qu’il soit professionnel ou personnel, dans ces circonstances. Car une fois sortis du pays, les voyageurs n’ont plus vraiment de visibilité sur les modalités de retour. Ainsi Soumia, une jeune Algéroise, est bloquée à Tunis depuis près d’un mois. « J’ai acheté un billet ouvert à Alger, mais jusqu’à récemment il n’y avait pas de plan de vol pour avril. Je vais devoir attendre le 7 avril pour rentrer », explique cette trentenaire partie en Tunisie pour rendre visite à des proches.
Envolée des prix
Le programme réduit et les autorisations de vols délivrées au compte-goutte par les autorités aux compagnies aériennes, algérienne ou étrangères, provoquent l’envolée des prix. Les tarifs n’ont jamais été aussi élevés – il faut ainsi compter un minimum de 600 euros pour un aller simple entre Paris et Alger, parfois sans bagage en soute, contre 250 à 300 euros avant la pandémie – et suscitent l’ire des internautes, qui comparent régulièrement le coût des billets entre l’Europe et l’Algérie à ceux pratiqués pour des longs-courriers.
Abdelouahab Yagoubi dénonce un véritable « racket ». Le 13 octobre 2021, le député, qui a obtenu l’adhésion de 44 autres élus, a soumis un projet de création d’une commission d’enquête parlementaire afin de « mettre en évidence les difficultés de voyager des concitoyens, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays », explique-t-il. « On attend toujours que le bureau de l’APN mette notre projet à l’ordre du jour », regrette-t-il, soulignant qu’une autre enquête sur la cherté des billets, annoncée le 9 novembre par le premier ministre, Aïmen Benabderrahmane, n’a toujours pas publié ses conclusions.
Cette quasi-fermeture du ciel « pénalise aussi les entreprises qui ont besoin d’envoyer leurs employés en formation à l’étranger et a des conséquences sur tout un écosystème », ajoute Abdelouahab Yagoubi, qui fait référence aux destructions d’emplois directs et indirects provoquées par le ralentissement ou l’arrêt de l’activité de plusieurs aéroports du pays. Quant à Air Algérie, qui n’opère plus que 20 % des vols de son programme d’avant-crise, elle a enregistré des pertes financières considérables (plus de 40 milliards de dinars en 2020, soit environ 250 millions d’euros), sans pour autant bénéficier d’un soutien financier de la part de l’Etat. »
Youcef L’Asnami

Dimanche et lundi derniers, se sont réunis six chefs de diplomatie des USA, du Maroc, de l’Egypte, des Emirats arabes unis, du Bahreïn et d’Israël. Cette réunion s’est tenue dans le désert du Neguev de l’entité sioniste. Sommet qualifié d’historique par la presse marocaine et israélienne. Rien de concret n’est sorti de cette réunion à part de vagues déclarations sur le souhait de voir ce mini-sommet se renouveler périodiquement, d’intégrer d’autres pays arabes, et pourquoi pas « dans un autre désert » comme l’a laissé entendre le chef de la diplomatie marocaine. Lequel ? L’Iran a été pointé du doigt du fait de la « menace » que représente ce pays dans la région. Israël a réitéré son soutien au plan d’autonomie du Sahara occidental proposé depuis avril 2007 par le Maroc sans jamais avoir vu le moindre début d’application.
Je ne sais pas si les quatre pays arabes qui ont assisté à cette réunion vont faire acte de présence au sommet arabe proposé par le Président Tebboune prévu en novembre prochain à Alger. Dans l’affirmative, on peut aisément imaginer l’ambiance qui s’annonce. Dans une étude parue en 2006, sous le titre « L’Algérie, l’Union du Maghreb Arabe et l’intégration régionale », les auteurs considèrent que « Le conflit du Sahara Occidental apparaît comme le principal facteur de blocage dans la construction de l’UMA. Il illustre l’incapacité de l’Algérie et du Maroc à sortir d’une relation de méfiance, voire parfois d’hostilité, depuis « la guerre des sables » de 1963.
Le conflit du Sahara Occidental a été surtout une formidable opportunité politique d’asseoir leur autorité. Pour la monarchie Marocaine, il lui a permis de s’approprier le sentiment nationaliste alors porté par le mouvement de l’Istiqlal qui faisait de la cause du Grand Maroc l’un de ses combats politiques. Pour le régime algérien, il a représenté un moyen de justifier le pouvoir d’une armée et d’entretenir le sentiment nationaliste ». C’est encore loin le Maghreb uni !
Si on se fie aux données de l’Office National de la Statistique (ONS) , « au mois de janvier 2022 et par rapport au mois précédent, l’indice général des prix à la consommation, au niveau national, enregistre une hausse de 1,4%. Les prix des biens alimentaires marquent une croissance de 2,3% ».L’étude de ces données de l’ONS, trop détaillées, ne permet pas une vue réaliste du marché. Une certitude cependant, la cherté de la vie est une réalité à laquelle sont confrontés tous les citoyens algériens à l’instar d’autres pays où les situations sont particulièrement aggravées chez les pays énergivores où les prix à la pompe des carburants et ceux du gaz ont littéralement explosés.
Ni la suspension par les pouvoirs publics des taxes et impôts prévus par la Loi des finances 2022, ni la baisse de l’IRG et la révision de la valeur du point indiciaire pour les traitements de la fonction publique n’auront suffi pour stopper cette hausse vertigineuse des prix à la consommation qui n’a épargné quasiment aucun secteur en dehors des carburants. Le cri d’alarme de l’Association de protection des consommateurs (APOCE) réclamant un « salaire minimum de 80 000 DA pour garantir une vie digne aux travailleurs algériens » est resté sans suite. Et la venue du mois de Ramadan, connu pour ses dérives quant à la consommation, n’arrangera pas les choses. L’Algérie nouvelle qui, peut-être, regrettera l’ancienne ! Peut-être ! On le voit déjà dans certains groupes des réseaux sociaux qui nous rappellent la « belle vie » sous Fakhamatouhou ! « Aujourd’hui est l’élève d’hier » disent les allemands.
Ce soir l’Algérie a de très fortes chances de se qualifier pour la prochaine coupe du monde de football qui aura lieu au Qatar en novembre prochain. Elle fera partie des cinq équipes africaines dont le vainqueur de Egypte-Sénégal, Ghana-Nigéria, Mali-Tunisie, et Maroc-RD Congo. Nous avons été nombreux à être désagréablement surpris par ces images de supporters algériens qui se sont rués sur le stade Mustapha Tchaker de Blida pour acheter leurs billets d’entrée pour le match retour contre le Cameroun.
Des citoyens matraqués par la police sous l’œil des caméras donnant une piètre image de notre pays, de sa police et de notre jeunesse. Certains supporters auraient passé la nuit sur place pour avoir leur billet. Triste et révoltant !
Pendant ce temps, la télévision nationale nous a abreuvé des confessions de l’extradé d’Espagne, Mohamed Benhalima qui, plein de remords, serein et détendu devant les caméras, nous a expliqué qu’il a été induit en erreur par ses mentors, qu’il regrette tout ce qu’il dit ou fait contre son pays pour finir par demander pardon au Président de la République. Au théâtre ce soir qui revient…
Le Président Tebboune a décidé « d’interdire l’exportation des produits de consommation importés par l’Algérie, à l’instar du sucre, des pâtes, de l’huile, de la semoule et de tous les dérivés du blé ». Un projet de loi « pénalisant » l’exportation de produits non produits localement serait même à l’étude. Un DG du ministère du commerce a précisé qu’ « Il s’agit des mesures souveraines importantes visant à garantir la sécurité alimentaire aux citoyens ». Une nouvelle approche de la sécurité alimentaire des citoyens : ne pas exporter des produits importés.
Cela dit, la presse marocaine nous annonce que le Maroc est inondé de dattes algériennes et que sur les 35.769 tonnes de dattes importées par ce voisin, seules 424 tonnes n’ont pas été autorisées à la vente soit environ 1 % des quantités ! Honorable quand même ! Mais cette presse ne précise pas le pays qui exporte les dattes algériennes vers le Maroc. C’est à nous de le deviner. Peut-être que les investigations de Abdou Semmar nous le diront. Peut-être ! Nous vivons dans un climat d’incertitude parfois angoissant ! PS. Ce soir donc, toute l’Algérie fêtera son équipe nationale. On ressortira les plus belles chansons, chantera et dansera dans les rues animées en klaxonnant. Le Président de la République enverra un message de félicitations à Belmadi dont on oubliera ses frasques. Jusqu’au petit matin.
Le reste ? Chaque jour suffit sa peine !

Tribune de l’Algérie libre