
Il s’agit du modus opérandi habituel des services du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) lors des arrestations ou enlèvements suivis de détention au secret dans leurs locaux.
M. Belmouhoub avait exprimé à ses proches des craintes d’être arrêté au cours de la journée se sachant l’objet d’une surveillance particulière par des éléments des services de sécurité qui le suivaient au cours de ses déplacements.
Au mois de septembre, M. Belmouhoub avait été menacé par des inconnus qui lui avaient intimé l’ordre de cesser ses activités de défenseur des droits de l’homme. Il a été agressé physiquement le 14 septembre et blessé au visage par un individu armé d’un couteau.
Il ne fait aucun doute pour les membres de son association et les militants des droits de l’homme que cette agression constituait un avertissement clair des autorités algériennes pour le forcer à cesser ses activités associatives.
Depuis de nombreuses années, M. Belmouhoub, dont l’association n’a jamais été agréée par les autorités, tente de faire reconnaître la déportation de milliers de personnes vers des camps de concentration entre 1991 et 1995 comme illégale et constitutive d’une violation grave des droits humains. (1)
A cet effet, il a saisi les autorités officielles ainsi que les tribunaux algériens et tenté de poursuivre pénalement les instigateurs de ces violations, en particulier l’ancien ministre de la défense, général Khaled Nezzar, l’un des principaux commanditaires de cette politique de répression généralisée.
N’ayant pu obtenir satisfaction sur le plan interne, M. Belmouhoub a saisi les instances internationales de cette question et en particulier le Comité des droits de l’Homme des Nations unies.
Il est à craindre que l’enlèvement de M. Belmouhoub soit à mettre en relation avec l’arrestation à Genève, jeudi 20 octobre 2011, sur mandat du ministère public de la confédération suisse, du général Khaled Nezzar pour suspicion de crime de guerre. (2) Il pourrait alors s’agir d’une mesure de représailles contre lui.
Alkarama a adressé un appel urgent le 24 octobre 2011 à la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, au Rapporteur spécial sur la torture et au Groupe de travail sur la détention arbitraire et au Rapporteur spécial sur la liberté d’opinion et d’expression.
(1) Voir Algeria-Watch, Le drame des ex-internés des camps du Sud, dossier comprenant notamment deux listes d’ex-internés, une interview de M. Belmouhoub et des articles de journaux concernant son combat, 26 juillet 2010.
(2) TRIAL, Le printemps arabe arrive en Suisse: un ancien général algérien arrêté et poursuivi pour crimes de guerre , 21 octobre 2011.








Rien ne prédisait Samir à devenir un des blogueurs connus de son pays. Diplômé en économie et statistiques, à l’Ecole des statistiques d’Alger, il s’installe en France en 1998. Trois ans plus tard, les événements de Kabylie (printemps noir) ne le laissent pas indifférent. Il crée alors son premier blog consacré à cet épisode qui «le touchait de très près». Par la suite, sont venus les sites, comme radio Hchicha (2002), les premières vidéos (le blog s’étant transformé pour des raisons de commodités en vidéoblog) vers le début de l’année 2007. Passionné par la sphère algérienne, Samir apporta sa touche dans ce domaine nouveau en Algérie, par la création du premier agrégateur de blogs algériens, l’animation du premier blog awards et du premier blog collectif maghrébin – maghreblog.net, actuellement hors service. Samir profita du Net, devenu un support et un moyen de communication très adapté pour les activités militantes et de participation aux débats publics, pour «exercer son droit fondamental à la prise de parole et de participation aux débats publics», estime Samir Hchicha. C’est dans cet esprit qu’il contribue à la fondation de sites d’information et de militantisme, Algerie-Focus.com pour l’information et Lequotidienalgerie.org pour le militantisme. Ses premières activités étaient directement liées aux événements sociaux et politiques que vivait l’Algérie.
«Mon blog est orienté ‘‘Opposition au régime’’, je crois que c’est une évidence aujourd’hui, vu le diktat qu’impose ce dernier sur une population assoiffée de parole libre», soutient Abdou, 27 ans. Il a tout pour «éviter les ennuis». Doublement diplômé en langues étrangères de la faculté de Bouzaréah (Alger) et en commerce, option marketing, aujourd’hui, il se lance dans la création de sa propre entreprise dans les énergies renouvelables. Mais son «obstination à arracher ses droits» et à donner vie aux débats publics réprimés sur la place publique le poussa à créer un blog, pour commencer son parcours de militant. En 2006 et sur des forums de discussions par Voip (notamment Skype Casts), Abdou lance avec des camarades des salons de discussion abordant des sujets de politique algérienne et de géopolitique. Son blog, proposant 32 rubriques allant de l’économie, la justice, la corruption en passant par la géopolitique, l’histoire, la scène internationale, la sécurité, le terrorisme et les droits de l’homme, n’est pas passé inaperçu.
Provocateur ou agitateur, à 25 ans, Sid Ahmed refuse de taire son amour pour la liberté. A défaut de scène de théâtre, il a fait de YouTube, son «outil de travail», pour briser les tabous à travers une série de monologues. Sous le pseudonyme de «Doctiloup», (Dr. Petit Loup), il donne par sa liberté d’expression un ton nouveau et critique dans le domaine de l’humour en touchant notamment aux tabous, puis aux valeurs morales et… politiques de la société algérienne. Employé dans un organisme public, il s’invite sur la Toile en avril 2009 pour essayer «de voir ce que ça donne», selon ses dires. Depuis, Doctiloup est «accro». Internet lui permet de rêver de ce dont il ne peut jouir dans la réalité de l’Algérie, à savoir donner libre cours à ses idées, ses opinions et ses positions. «Le rêve libère le subconscient et offre des perspectives illimitées, le rêve supprime les frontières du réel. Je me force à regarder les choses sous un autre angle, une simple pensée peut donner place à mille et une autres idées», analyse Dr.Petit Loup. Sid Ahmed Khellili ne va pas par quatre chemins pour écrire ses textes, il puise son inspiration de la vie de tous les jours, «de notre magnifique société et des Algériens», ironise le jeune humoriste. Ses messages, enrobés d’humour et d’autodérision, donnent à chacun le droit de faire sa propre interprétation, selon intelligence, son affect, sa clairvoyance et sa perception des choses de la vie. Si Sid Ahmed parle d’appréciation, c’est que courageusement, il se heurte parfois à des actes d’intimidation, à des interpellations.
بقدر ما كان سفاح ليبيا وزبانيته يقاومون ثورة التغيير الشعبي هناك بقدر ما كان النظام الجزائري يقاوم من أجل أن لا تقوم قائمة للثوار وأن لا تنقلب الموازين مثلما انقلبت في تونس ومصر، حجة الرسميين الجزائريين في مواقفهم المخزية كانت حرصهم المزعوم على عدم التدخل في الشؤون الخاصة لبلد شقيق وجار، ولم يكن يهمهم طبعا أن يستمر القذافي الذي رأوا منه الويلات بل كان كل همهم أن لا تنتصر الثورة الشعبية لأن ذلك سيدفع حركة التغيير في العالم العربي إلى سرعة أكبر ولأن الجزائر التي يحكمونها بقوة الطغيان والفساد ستكون أقرب إلى الانعتاق والتحرر.