https://www.raialyoum.com/
بشير عمري



Par Salim Metref

Du crime contre l’humanité à propos de la colonisation française de l’Algérie à la négation de l’existence de l’Algérie d’avant 1830, le Président français aura réussi à accomplir le grand écart du quinquennat. Pourtant les premiers pas de ce jeune chef d’état issu de la noblesse française, bien éduqué, ont semblé être prometteurs. Mais il y’a en France cette habitude perverse qui consiste à chaque fois à inviter l’Algérie dans le débat politique interne. Il est vrai que cela soulage peut-être surtout en ces moments de coup de Trafalgar qu’a constituée l’affaire dite des sous-marins et qui a acté le déclassement de la France à l’échelle internationale. Alors au lieu d’inventer le grand remplacement par des musulmans qui n’ont toujours demandé qu’à vivre comme ils l’entendent chez eux et où les agresseurs occidentaux sont souvent allés les chercher, au lieu de suggérer le grand déplacement des musulmans comme l’a préconisé Eric Zemmour à un journal italien, il serait peut-être plus utile d’analyser les causes véritables de ce grand déclassement. Car il s’agit bien de cela, du grand dépassement. Ce n’est pas une civilisation qui remplace une autre. C’est une civilisation qui la dépasse sans la détruire. L’Asie est en passe de le faire si ce n’est déjà fait en attendant la déferlante d’autres pays dont l’inéluctable émergence refondera l’ordre du monde.
Les propos négationnistes de l’existence de la nation algérienne du Président Macron prononcés dans son habit de Chef de l’Etat français sont impardonnables et constituent une grave entorse aux relations de respect mutuel qui existent entre deux états souverains.
Il ne s’agit pas comme pourraient le croire naïvement certains d’une simple dérive induite par une climat politico-médiatique français hystérique et islamophobe catalysé par les déclarations d’un journaliste dont les frasques sont connues et qui continue à servir à grande louche de haine et de mépris de l’autre tous ceux qui veulent bien consentir à l’entendre et à s’en réjouir. Et que nous ne sommes désormais plus dans le registre de la politique mais bien dans celui de la psychanalyse et peut-être aussi, sous l’effet de multiples turbulences, celui de la psychiatrie.
Le mal est beaucoup plus profond. Il est endémique. Les propos du Président Macron s’inscrivent dans le sillage des théories révisionnistes de l’histoire coloniale dont l’un des ténors est Bernard Lugan, cet historien monarchiste et non moins ancien gros bras de l’extrême droite française. Ces propos entrent en résonnance avec ce que pérore sans arrêt le Sieur Zemmour qui à propos de l’Algérie et de son histoire déverse sa haine et sa frustration. Pourtant Eric Zemmour aurait pu être juste ce journaliste dont les parents ont vécu en paix en Algérie et qui contrairement par exemple à une grande dame comme Simone Veil n’ont jamais connu la souffrance des camps de concentration nazis ni perdu leurs parents et proches dans ces endroits sinistres. Non, Eric Zemmour n’obéit désormais plus qu’à son immense ego et à cette agitation bien rodée qui lui permet de bien se remplir les poches en ces moments bénis de succès de libraire et de débats payants tenus à guichets fermés.
Nous relations dans un ancien article ** l’itinéraire de cet enfant gâté des medias et nous espérions à l’époque, certainement à tort, que l’état de droit français aller, par le pouvoir de la justice et celui des quelques medias lourds français à qui il restait encore une once de dignité et d’honneur, stopper l’ascension fulgurante d’un xénophobe dont la haine de l’Islam et des musulmans n’a jamais eu de limites. Ce ne fut hélas pas le cas et le phénomène Zemmour a perduré puisque ce dernier a continué à user et à abuser d’insultes et de mensonges.
Fils de Juifs algériens au nom plutôt évocateur de lointains rivages conquis jadis par la poudre et qui depuis ont retrouvé les leurs, Eric Zemmour ne cesse de défrayer la chronique, bénéficiant il est vrai d’un champ politique et médiatique déserté pour l’instant par les mentors de la politique de l’hexagone. Devenu plus royaliste que le Roi, ce polémiste au teint plutôt brun, comme le sont souvent les sépharades contrairement aux ashkénazes d’Europe Centrale plutôt blancs, se veut aujourd’hui le défenseur de l’homme blanc, de la civilisation chrétienne en s’abstenant de citer plutôt la civilisation judéo-chrétienne sans que personne ni le Pape, chef de l’Eglise catholique, majoritaire en France, ne l’ont ait un jour investi.
Aidé subtilement par un complexe médiatique islamophobe, plutôt lâche car n’assumant pas ouvertement ses positionnements politiques, Eric Zemmour essaye de provoquer le basculement de l’opinion française en réussissant à provoquer l’alignement des chrétiens de France à ses thèmes de prédilection, souvent populiste et surtout cristallisateurs autour de sa personne des frustrations sociales d’une bonne partie de l’opinion française. Il se veut le Trump français, celui qui propulsé par les medias dont il est l’un des enfants terribles peut espérer enfiler un jour le costume de Président Français.
Eric Zemmour essaye aussi de rééditer la performance de 2017 qui a vu un homme politique parti d’un embryon d’organisation politique autour de l’exploitation extrêmement intelligente et opportune des réseaux sociaux réussir à se faire élire président de la république française.
Les propos du Président Macron voulant ainsi voler la vedette à Eric Zemmour constituent ce pas qu’il ne fallait surtout pas faire à un tel niveau de responsabilité et choquent l’Algérie et son peuple dans ce qu’ils ont de plus cher et de plus précieux. Ce pays cher qui a consenti plus de 5 millions de morts pour se libérer.
Les décisions françaises relatives à l’instrumentalisation politique de la délivrance de visas ne concernent que l’état français et ne relèvent que de sa politique intérieure. La France est libre de recevoir qui elle veut sur son territoire et chacun est au final bien chez soi comme on dit.
La politique intérieure de l’Algérie ne concerne elle aussi que les Algériens et l’Algérie est libre de défendre sa souveraineté, l’inviolabilité de son territoire et de son espace aérien et de consolider sur le plan géopolitique et géostratégique les profondes relations de surcroît extrêmement fraternelles et amicales qui la lient à ces deux puissances amies que constituent la Chine populaire et la fédération de Russie.
Les propos haineux à l’égard de l’Algérie et de son histoire doivent impérativement s’arrêter car ils peuvent à court termes être inducteurs de désagréables turbulences. Les dérives sémantiques de Zemmour à propos de notre pays doivent cesser. Personne ne peut tout dire sous couvert de la liberté d’expression et les institutions qui veillent en France au respect d’autrui doivent se déployer et éviter que leur honneur ne soit aussi perdu.
Enfin en ces jours de célébration d’octobre 1961, cet octobre noir qui a vu ces milliers de patriotes et indépendantistes algériens dont la petite Fatima Bedar jetés et noyés dans la Seine et dans le Canal Saint Martin, un fervent hommage leur doit d’être rendu. Nous ne les oublierons jamais car ils sont l’un des maillons constitutifs de la nation algérienne millénaire. Nos pensées émues vont aussi vers tous ces français qui ont l’Algérie au cœur et ceux qui morts au métro Charonne ont pris fait et cause pour l’indépendance de l’Algérie.
**Grandeur et décadence d’un journaliste dans la foule
Info Radio M | 17/09/21 15:09

البروفيسور والأستاذ الجامعي بألمانيا، رشيد بن عيسى، صدر لكم في مؤخرا كتاب حول المنطقة المغاربية، هل لك أن تطلعنا باختصار حول مضمونه ولماذا هذا الكتاب الأن :
هذا الكتاب ليس مجهودا فرديا بل هو محصّلة سنوات من العمل و البحث العلمي في الشؤون المغاربية، و لقد شارك في إصداره العديد من الباحثين من مختلف الجنسيات: ألمانيون، مغاربة، فرنسيون، و أمريكيون. المنطقة المغاربية، و التي تشمل كل من الجزائر، ليبيا، مويتانيا، المغرب و تونس، هي فضاء استراتيجي و حيوي يربط بين كل من إفريقيا، الشرق الأوسط و أروبا. هذه المنطقة تمثل مجال ثبادلات كثيفة و متداخلة، فهي منطقة يغلب عليها الطابع الهجين، حيث تتداخل فيها العديد من الفضاءات الجغرافية، الدينية، الثقافية، السياسية، و الاقتصادية. على الرغم من هاته الأهمية الاستراتيجية، فإن المنطقة المغاربية غالبا ما يتم إدراكها على أنها محيط: فهي محيط الشرق الأوسط، محيط بالنسبة لأروبا، و محيط بالنسبة لإفريقيا. والهدف الأساسي من هذا المنتوج العلمي هو منح مكانة أساسية للمنطقة المغاربية على الصعيد الأكاديمي، و التعامل معها كمنطقة مستقلة بذاتها و ليست كمحيط تابع. إذ نتبنى من خلال هذا المؤلف مقاربة تحليلية تتعامل مع الفضاء المغاربي كمنطقة جد حيوية احتضنت الحضارات الثلاثة التابعة للقارات السابقة الذكر. ولكن تجدر الإشارة، أن هاته المكانة الاستراتيجية لا بد أن تعزّز بالوحدة و التكامل بين مختلف الدول، فالوحدة هي السبيل الوحيد لتعزيز استقلالية المنطقة المغاربية و رفع مكانتها في الساحة الدولية.
.
-مؤخرا، الجزائر قرّرت قطع علاقاتها الدبلوماسية مع المغرب، كيف تلقيتم الخبر، وفي نظركم ماهي أهم الانعكاسات التي ستشهدها المنطقة المغاربية :
نحن نعيش اليوم مرحلة حساسة جدا على المستوى الدولي و الإقليمي، فالعالم يواجه العديد من التحديات منها: العولمة و انعكاساتها، الوباء العالمي، التغير المناخي، الانتقال الطاقوي، النزاعات الإقليمية، إلى جانب بروز مؤشرات لدخول النظام الدولي في حقبة جديدة. تزامنا مع هذه التحولات الإقليمية و الدولية، و بالتوافق مع هاته الحقبة الجيواستراتيجية، فإن المنطقة المغاربية لا بد أن تقوم بتطوير بنى مؤسساتية قادرة على التأقلم، التكيف و الاستجابة بشكل جماعي لهاته التحديات الجديدة. فالمنافسات و النزاعات الإقليمية، أو بين الدول تقلص من أحتمال دخول المنطقة لفضاء المنافسة العالمية من أجل تحقيق السلام و الرخاء. من مصلحة الدول المغاربية تطوير دبلوماسية جماعية و آليات جديدة قائمة على التنسيق و التعاون، بشكل يسمح لها بالحفاظ على خصوصيتها كمنطقة متمايزة و يمنحها امتياز المشاركة بشكل أكثر فعالية في جميع المبادرات الدولية.
-من بين الأسباب و المبررات لقطع العلاقات مع المغرب، هو تدخله المباشر في أزمة تخص الشأن الداخلي وتحديدا في منطقة القبائل ودعم الحركة الإنفصالية « الماك » دبلوماسيا، فبصفتك أحد أبناء المنطقة ، كيف عايشتم من المهجر أزمة الحرائق والاغتيال الأخير وما صاحبهما من جدل :
الأحداث التي تمر بها منطقة القبائل أو باقي المناطق في الجزائر، من دون استثناء قد أحدثت آلاما عميقة في أوساط المهاجرين الجزائريين في جميع الدول. من المؤسف أن نشاهد جزءا كبيرا من القبائل، بثروتها الطبيعية و الحيوانية، يتعرض لحرائق مهوّلة، حيث تكبد الفلاحون و المزارعون خسارة الآلاف من الهكتارات. فلا ننسى أن القبائل جزء حيوي من الجزائر، يتمتع بثروة غابية و مائية فريدة. إضافة لذلك، كان للجريمة ضد الانسانية و التي تعرض لها جمال بن اسماعيل الوقع العميق على نفوس الجزائريين في كل أنحاء العالم. لكن، و في ظل هاته التحديات، اتضح مرة أخرى أنّ النظام التسلطي في الجزائر عاجز عن إدارة الأزمات. بل على العكس من ذلك، يتم توظيف الأزمات من أجل إعادة إنتاج النظام السابق، بآلياته، و ميكانيزماته، و منطق التسيير المشلول. طبعا، لا يمكن أن ننفي أن الجزائر تدفع حاليا ثمن سياسات التسيير الكارثية لنظام الرئيس السابق عبد العزيز بوتفليقة، و الذي جعل السياسة لعبة في متناول الفاسدين و النهابين. إذ لا يخفى على أحد أنّ مستويات الفساد السياسي و البيروقراطي خلال حقبة بوتفليقة ارتفعت بشكل لا نظير له. ولكن، و بالنظر لاستجابة النظام الحالية و عجزه المتواصل، أخاف فعلا أن نبلغ مستوى نتمنى فيه عودة نظام بوتفليقة: و كأن جزائر الأمس أحسن من جزائر الغد.
-السلطة في الجزائر قرّرت تنظيم انتخابات رغم العزوف الكبير الذي شهدته انتخابات تعديل الدستور و التشريعيات، التي عرفت مقاطعة شاملة من منطقة القبائل، الان حزب الافافاس مثلا قرر المشاركة، هل تعتقد أن الانتخابات ، هل ترى أن مشاركة المنطقة قد يعطي نفس جديد للسلطة التي عجزت عن مواجهة الأزمات التي شهدتها الجزائر ما بع انتخابات 12-12 :
حزب الأفافاس قد توفي مع انسحاب المناضل التاريخي حسين آيت أحمد. حزب الأفافاس اليوم لا يختلف عن باقي الأحزاب المتواجدة في الساحة الوطنية، و يلعب نفس الدور، ألا و هو مساعدة السلطة على إيجاد طريق لها من أجل النجاة و الاستمرار. منطقة القبائل، و حتى المناطق الأخرى لا تريد الانتخاب و لا تهتم بالانتخاب في ظل حقبة يواجه فيها المواطن صعوبات كثير في حياته اليومية. طبعا هناك فارق كبير بين الانتخابات الوطنية و الانتخابات المحلية، ولكن تبقى أزمة الثقة بين المواطن و الدولة، أو كل من يمثل النظام القائم عميقة جدا، لا يمكن تجاوزها بانضمام مجموعة من الأحزاب إلى المسار الانتخابي. إذ حتى هذه الأحزاب أصبحت محل شك بالنسبة للمواطن البسيط، و لا تعبّر في نظره إلا عن أطراف ملحقة بالمنظومة الحاكمة.
– بصفتك مؤرخ، ومهتم بالتاريخ كثيرا ، فقد شبه الدبلوماسي المخضرم الاخضر الابراهيمي انسحاب القوات الامريكية من أفغانستان بما اسماه انسحاب فرنسا من الجزائر، هل توافقه الرأي
من الغريب جدا أن يقارن الدبلوماسي الجزائري المعروف لخضر ابراهيمي بين استعمار فرنسي دام أكثر من 132 سنة و التدخل الأمريكي في أفغانستان. هاته المقارنة تضع جبهة التحرير الوطني التي قادت الثورة الجزائرية في منزلة حركة طالبان في أفغانستان، الأمر الذي ينطوي على العديد من التناقضات، والذي قد يطرح قراءات خاطئة عديدة للتاريخ الاستعماري في الجزائر و حرب التحرير. هاته المقارنة يمكن اعتبارها إساءة لذاكرة الشهداء و تضحياتهم التي قدموها من أجل تحرير الجزائر و الدفاع عن هويتها المتنوعة. من المفترض أنّ السيد لخضر ابراهيمي لديه دراية واسعة بالتاريخ الجزائري، فجبهة التحرير الوطني آنذاك كانت حركة كل الجزائريين باختلاف أطيافهم، ديانتهم، و توجهاتهم السياسية و الأيديولوجية.، إذ كانت تتبنى قيما ذات بعد عالمي، تتجاوز الحدود الجغرافية و العقائد المحدودة، لم تكن مجرد مذهب. أعتقد أن لخضر ابراهيمي يتبنى خطابا كولونياليا جديدا.
حوار: سعيد بودور
Par Salim Metref

Rompre avec un pays frère auquel tant de choses nous lient n’est pas une sinécure. Mais son exigence ressemble paradoxalement aujourd’hui à un véritable sacerdoce. Et personne ne pourra en tous les cas nier que les opportunités de repentance n’ont pas manqué et que le régime marocain a toujours préféré le choix de la provocation et de la surenchère au détriment de celui de l’amitié et de la fraternité.
Qui se souvient de ces centaines de milliers d’Algériens qui se rendaient pourtant toujours plus nombreux au Maroc et faisaient fructifier l’économie marocaine ? Et qui peut oublier ces milliers d’algériens arrachés en pleine nuit à leurs chambres d’hôtels et expulsés manu militari hors du territoire marocain? Le fastidieux rappel de tous les actes hostiles commis depuis l’indépendance à l’endroit de l’Algérie serait inopportun et inutile puisque désormais connus de l’opinion internationale. La rupture avec le régime marocain est devenue inévitable car les provocations à l’endroit non pas du régime algérien mais de l’Algérie, de ses symboles et de son peuple devenues elles aussi de plus en plus nombreuses et surtout de plus en plus hostiles. Les manettes du pouvoir au Maroc ont semble-t-il changé de mains et Tel-Aviv dicte désormais à ce royaume la conduite à suivre. Cette rupture des relations diplomatiques est en tous les cas salutaire puisqu’elle permet aussi bien le discernement entre un semblant d’interlocuteur et une autorité réelle qui décide et qui est étrangère que la visibilité puisque dans le secret des conclaves israélo-marocains se concocte aujourd’hui l’agression future de l’Algérie dont la réaction, il faut qu’on se le dise, sera certainement foudroyante et dévastatrice.
Le ministre israélien des affaires étrangères, appartenant sans doute lui aussi à cette deuxième communauté moghrabi pour reprendre l’expression actuellement convenue au Maroc, se met lui aussi à délirer et à parler d’axe Rabat – Tel-Aviv, axe qui ne peut prétendre à aucune réalité ni hégémonie régionale car ne disposant pas et plus des moyens d’incarner cette ambition, et s’invite dans un espace qui lui est étranger pour faire sans doute diversion ! La partition africaine est pourtant déjà écrite par d’autres et notamment les africains eux-mêmes et la messe est déjà dite. Et cet aventurisme israélien ne masquera pas une réalité incontestable. Israël est au bout du rouleau. Sur tous les plans. Cette entité doit non seulement gérer toutes ces personnes qui déçues et de plus en plus nombreuses la quittent et rejoignent d’autres contrées mais composer aussi avec un environnement géographique qui lui est immédiat et qui monte de plus en plus en puissance en devenant détenteur d’une puissance de feu jusque-là jamais égalée.
La réalité est bien celle-là et il n’y en a pas d’autres. Alors de là à parier sur une prétendue puissante communauté israélo-marocaine qui déplacerait Tsahal aux frontières algériennes, cela constitue bien sur un scenario rocambolesque, difficilement envisageable et porteur de tous les dangers et inducteur surtout de tous les retours de flammes et embrasements possibles. A moins que la prédiction prophétique de l’assèchement prochain du lac Tibériade ne donne déjà des idées à certains. Mais cela est une autre histoire…
L’ouverture des frontieres avec notre voisin de l’ouest est donc désormais et plus qu’elle ne l’a jamais auparavant été porteuse de tous les dangers et ne profitera finalement plus qu’aux réseaux maffieux qui ne rêvent que de réduire l’Algérie qu’aux familles qui souhaitent sincèrement se rencontrer.
La réponse algérienne a été certainement murement réfléchie. Elle permettra en tous les cas à tout un chacun d’apprécier désormais et à sa manière la réalité des nouveaux rapports de force en Afrique et au Proche-Orient.
Oui, l’affection que nous portons au peuple frère marocain est inébranlable. Et le sel partagé entre les deux peuples en sera toujours l’un des marqueurs les plus puissants !
Salim METREF

Qu’il s’agisse de toutes ces personnes si souvent malmenées qui eurent à subir la haine d’apprentis-sorciers jouissant de privilèges conjoncturels et qui usèrent et abusèrent de qualificatifs humiliants à leur égard, leur histoire et leurs grands hommes ou de ce jeune homme parti aider ses frères et éviter qu’ils ne se consument eux aussi et qui mourut dans des circonstances tragiques la même réponse cinglante se produisit.
Le refus résolu de la haine. Les uns ne répondirent pas à celles et ceux qui jouèrent assidument aux apôtres de la haine et les autres restèrent solidaires et brandirent pour étendard la déclaration d’un père qui dans la douleur la plus extrême provoquée par la perte tragique d’un être cher évita l’amalgame et refusa d’insulter l’avenir. Oui, parfois l’on ne sait plus s’il faut dire merci ou demander pardon.
Oui, indéniablement ce pays et ce peuple recèlent en leur sein une force qui se démultiplie à chaque épreuve, qu’aucune manœuvre machiavélique ne peut vaincre et qui construit dans la douleur l’avenir.

La foule a exhibé la mort de manière abjecte, dégueulasse. Inhumaine. L’état exhibe les suspects de manière cruelle. Illégale. Ultime acte de l’insensé, du cruel, Il rediffuse même le crime dans son intégralité sur des chaines de télévisions « grand public ». Nous passons d’une mise en scène à une autre. Mise en scène de la mort. Mise en scène du droit. Mise en scène des enquêtes. Mise en scène de nos émotions. De notre humanité même, que chacun malmène, piétine, à sa guise.
La foule, travaillée par ses plus vils instincts n’a pas laissé le temps à la victime de s’expliquer. De parler. De prouver qui il était. Ou plutôt ce qu’il n’était pas. Mais la foule n’a pas à interroger. Ce n’est pas son rôle. Ce n’est pas son métier. Ce n’est pas de son ressort. La foule ne doit arrêter personne. C’est celui, exclusif, de l’état. D’un état fort. La foule a volé ce droit à un Etat en panne, déliquescent, en volant la vie à un innocent, au meilleur des hommes.
La police n’a pas protégé des mains hurlantes, des yeux rugissants, un homme sous sa haute protection. La police est formée, entrainée, qualifiée pour disperser les foules les plus robustes. Les plus déterminées. Elle a les techniques et les moyens pour le faire, et sans faire de victimes. La foule s’est dépossédée de son humanité le temps d’un crime odieux.
Mais la justice n’est pas la foule. Elle est la loi. Elle doit prendre le temps, le temps judiciaire, de faire justice. Il y a des procédures à respecter. Des lois à ne pas piétiner. Un droit à faire valoir. Si le crime est devenu spectacle de la mort, La justice ne doit pas être le piètre spectacle de la vengeance expéditive. De l’exhibition suspecte des suspects. De l’excitation de nos plus vils et plus bas instincts. Et ces médias, diffusant docilement des images indignes d’une exécution ou celles, insupportables et contreproductives, d’arrestations en chaine de suspects, de présumés coupables, il est peut-être temps qu’ils sortent de cette orthodoxie qui fait d’eux des auxiliaires de la police ou de la justice, pour se prêter avec autant de d’inféodation et de servitude à ce jeu malsain des mises en scènes de l’horreur.
Des mises en scènes de la loi. Les médias informent. Les médias interrogent. Les médias racontent. Les médias ont un point de vue. Mais les médias ne communiquent pas. La justice n’est pas n’est pas une offrande à la colère et à la vindicte populaire. Elle ne doit pas nous exciter, elle doit nous apaiser. Apaiser nos douleurs. Apaiser nos colères. Apaiser nos doutes. Apaiser nos interrogations. Les exécutions sur les places publiques sont d’un autre temps. D’un autre âge. Les exhibitions sur les télévisions publiques (et privées) ne le sont pas moins. Elles sont l’autre revers de la cruauté.

« La nation algérienne renaîtra de ses cendres, quand l’autorité qui s’est exercée contre elle s’exercera pour elle. Une de cœur, faite au profit de tous les algériens ; elle peut alors changer le destin de notre pays et le faire entrer dans le cycle des temps présents. »
Ferhat Abbas – Homme d’État Algérien (1899 – 1985)
Au bout d’une terrible guerre de libération, l’Algérie ambitionnait de reconstruire sa puissance et consolider son indépendance. Éminemment, la puissance a toujours évolué concomitamment avec l’indépendance.
En un demi-siècle seulement, ce qui est peu dans l’histoire des nations, cette terre se voit divisée, affaiblie et soumise à des forces dévastatrices à la fois internes et externes, aux confins d’une effroyable guerre civile qui testa les limites de la cohésion sociale millénaire du peuple algérien.
A l’évidence, les tensions historiques n’ont cessé de jeter de tout leur poids sur la situation actuelle de notre pays. Les réseaux de pouvoir occultes endogènes liées à des puissances économico-politiques n’ont cessé de vouloir arrimer le pays à leur sillage.
Heureusement, et malgré toutes les injections du désordre social, régional, économique, dans le corps du pays, cette âme algérienne, d’essence musulmane encaisse, résiste, refuse, répond. Sa réponse à la violence oligarchique par des corps qui se sont constitués sous une pression du capital prédateur grandissante est plus que jamais réelle.
Car elle s’inscrit dans la conviction ultime que le bien, le bien pour tous ne peut qu’inéluctablement triomphé.
Sociologiquement, et historiquement la nation algérienne fut toujours réfractaire à l’emprise oligarchique. Même sous le joug de plusieurs empires coloniaux et l’exil intellectuel de son élite, les habitants de cette terre eurent le dessus sur les hordes envahissantes.
A l’heure actuelle, et sous les coups buttoirs incessants, la nation algérienne subit une répression physique et médiatique du pouvoir visible, mais en même temps, elle esquisse une résistance au nouvel ordre qui veut se mettre en place et de ses maîtres d’outre-mers, ceux qui brandissent l’illusion démocratique.
Sachant cela, l’ensemble des algériens sont lucides, ce qui constitue déjà une sacrée avancée dans l’imaginaire de la nation. Mais que faire ?
D’abord, comprendre que nous sommes en guerre, et que nous sommes attaqués. Et cela depuis longtemps.
Au source de cette violence il y a d’abord un type de discours construit sur les manigances, les ruses et la duplicité. Ce discours est érigé en un véritable art du mensonge.
Ensuite, comprendre que l’ennemi est parmi nous, il se voile, il apparaît chaque jour dans les médias, il se dissimule, il entre dans la tête des gens, il les parasite.
Extirper cet ennemi endogène demande de la lucidité, de l’information, de la catégorisation, de la logique, c’est pourquoi la guerre de l’information est capitale et décidera de l’issue de ce combat politique.
C’est aussi pourquoi le pouvoir visible (de plus en plus décrié), sur injonction du pouvoir invisible (de plus en plus visible), devient de plus en plus brutal avec ceux qui sortent de la ligne de pensée officielle.
La vision la plus lucide de la situation, et de son évolution d’hier à aujourd’hui, pour tous les gens intelligents, reste que le salut ne peut être que dans le ressourcement de l’Appel du 1er Novembre, le point de convergence absolue de l’âme algérienne.
Sans haine, mais avec intelligence et discernement cette même âme doit conséquemment juger le présent par le passé, et ne pas trop se fier aujourd’hui à cette France ringarde, sous influence, devenue puissance de troisième ordre.
La nation algérienne dans sa grande diversité et richesse a la capacité politique de se gouverner à travers une élite qu’elle enfantera elle-même de ses entrailles ; pour le triomphe et le bien de tous.
Ceux qui en doutent freinent l’essor de cette nation et musellent une jeunesse aux immenses potentialités qui piaffe de construire son destin, le destin de l’Algérie de demain.
Penser l’Algérie est d’abord un débat qui ne doit avancer que dans l’apaisement. Il doit être l’emblème de la pluralité des sens de l’histoire, des bifurcations possibles d’une société plurielle.
Cette démarche doit être cultivée dans la conscience des jeunes Algériens d’aujourd’hui, tout comme cet éveil national a intérêt à se réapproprier toute la richesse intérieure de ce peuple à travers les courants divers du nationalisme algérien.
L’Algérie se cherche, fouille dans les plis de sa mémoire les commencements d’une tragédie, d’une guerre, et décide de n’être pas prisonnière des antagonismes qui se déchirent.
Personne ne doit donc être accusé de traîtrise.
Car, à l’intersection des points de vue, ceux qui veulent se réapproprier une terre qui est la leur à l’origine, et ceux qui considèrent que cette terre leur appartient désormais, le seul point de convergence doit être dans l’implication passionnée, l’engagement sincère, et la lucidité sans faille afin de défaire les nostalgiques d’un ordre révolu.
Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à nous, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené.
Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit être porter par le peuple, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison.
Ceux qui professent le contraire, se sont ceux qui ont peur du peuple.
Khaled Boulaziz
Abdellah CHEBBAH Juil. 2021

L’Algérie traverse un sale temps.
Après l’avoir ruiné, sucé, terni et affaibli, ce pays est sur le point de s’effondrer. Il ne tient que sur une béquille, celle du mensonge et de la rapine. Rien ne va. L’économie, la santé, l’éducation, le social, le politique…, enfin tout, est déliquescent. Aucun secteur de l’état ne répond convenablement aux inquiétudes du peuple. Bien au contraire, on enfonce encore plus le clou par la répression et le silence. Il est interdit de dire quoique ce soit dans ce malheureux pays. Il faut regarder, se taire, applaudir et laisser faire.
Ce bref tableau est la résultante de soixante ans de gestion politique entre le culte, l’inculte et l’occulte de personnalités de dernière heure sans scrupules.
Six personnes ont semé l’idée d’une révolution. Vingt-deux autres ont décidé de déclencher une guerre et les millions restants ont détruit ce pays, certains par connivence et certains autres par passivité.
Changement de gouvernement, de ministres, de président ou de toute autre personnalité politique ne résoudrait pas le problème Algérien. Le problème ne se résume pas à des personnes mais à un système de gouvernance, de gestion, de mentalité politique archaïque, moyenâgeux qui ne répond pas aux exigences du siècle, entretenu dans une opacité inexplicable.
L’Algérie a besoin de nouvelles figures, jeunes, compétentes, sincères, issues et élues par le peuple, qui sont au diapason de ce siècle. Changer Hadj par Moussa et Moussa par Hadj ne changerait absolution rien. Par contre, changer de mentalité, insuffler un sang nouveau et améliorer le vécu des Algériens donneraient des résultats probants. La tâche est ardue, certes, mais elle est faisable. Il suffit d’une volonté politique saine, honnête, rigoureuse et autoritaire pour redonner espoir et confiance à ce peuple en perdition.
Cela fait 60 ans que l’Algérie se recherche, en reculant. Tôt ou tard cela va mener ce pays à l’effondrement. C’est inévitable. Car rien ne va plus.
Certains pays Africains comme l’Algérie, qui n’ont pas trouvé de pays bâti et prêt à décoller, ont réussi, en l’espace de vingt ans, à mettre leur pays sur les rails d’un renouveau grâce à une volonté de changement et à une vision moderne de gestion qui répond aux aspirations et aux désirs de leurs peuples. Ils ont nettoyé le passé et se sont projetés dans l’avenir.
Il suffirait de presque rien pour redémarrer sur de bonnes bases en ayant en tête un seul objectif, celui de bâtir son pays sur de vraies bases solides. Il faut dégommer tout ce qui s’est mis en entrave. L’argent, la corruption, les passe-droits, le culte de la personne, l’absolu, …Il faut tenter et oser redéfinir le contexte politique en remettant chacun à sa place et chaque institution dans ses quartiers. On ne peut pas interférer dans divers domaines sans en avoir les compétences. Le général dans sa caserne, l’enseignant dans son école ou son université, le médecin dans son cabinet ou à l’hôpital, l’ouvrier dans son chantier, l’ingénieur dans son usine, l’imam dans sa mosquée etc…chacun devrait s’occuper de son domaine. Or ce que nous constatons c’est que tout ce monde a une autre activité connexe de politicien affairiste. Tout le problème gordien de l’Algérie est là. On ne pense qu’à l’argent et pour l’avoir, il faut faire de la politique, même à genoux.
Le drame de ce pays c’est de constater qu’il n’appartient à personne uniquement à ceux qui tirent profit quitte à ruiner l’ensemble. Cela mène, tôt ou tard, à un effondrement irréversible.
La caste qui détient le pouvoir doit comprendre une chose, c’est qu’il y aura toujours un peuple, aussi démuni qu’il soit, pour détourner et dénoncer les manigances d’un pouvoir occulte. Et aujourd’hui, avec les réseaux sociaux c’est plus qu’évident.
Avec 95% de non votants aux diverses élections, on comprend que le divorce est consommé et qu’il n’y a plus de point retour.
S’ajoute à cela, le manque de crédibilité et de respect des conventions internationales paraphées. L’Algérie n’a plus sa place dans le concert des nations. Elle n’est plus écoutée.
Le pouvoir détenu par un ensemble de décideurs n’a plus les moyens de sa politique. Il doit abdiquer à la volonté du peuple qui ne demande qu’à être entendu.
Il est plus que temps de se mettre à table avant l’effondrement réel et imminent.
L’armée qui est aux commandes en ce moment devrait accompagner le peuple dans la refonte de ce pays. Sans elle, rien ne pourra se concrétiser. Le peuple a besoin de son armée. Il faut laisser le peuple choisir ses représentants, du président jusqu’au maire.
La plaisanterie tragique n’a que trop durée pour continuer à improviser des mises en scènes. C’est le destin d’un pays qui est en jeu, le reste est solvable.
L’Algérie doit revenir sur ces pas, ceux qui ont conduit à son indépendance.
Dieu est clément et miséricordieux.
Si l’argent et le pouvoir étaient une fin en soi, on aurait vaincu la mort.
Abdellah CHEBBAH Juin, 2012
En monarchie, le Roi est sacré. En religion, les paroles de Dieu sont sacrées.

En république, le chef de l’état ou tout autre personnage politique n’a rien de sacré. C’est une personne comme les autres. Il n’incarne pas une fonction définie par la constitution, il la remplit, il l’exerce. Il n’incarne pas non plus la nation. C’est un serviteur de celle-ci. Il n’est pas au-dessus d’elle, il est bien au contraire, à son service.
En Algérie, trois chefs d’état ont incarné la nation : Benbella, Boumédiene et Bouteflika. Ces trois présidents illégitimes, c’est à dire élus frauduleusement, ont sacralisé leur fonction en s’octroyant tous les droits sur leurs concitoyens. Rien ne devait aller à l’encontre de leurs décisions. Se prenant pour les pères de la nation, ils sont devenus des symboles, des petits dieux qui faisaient la pluie et le beau temps dans un pays constamment ensoleillé.
Ces trois personnages ont incarné l’Algérie toute entière où rien ne pouvait ni se faire ni se dire sans leur approbation. Ils ont tué l’initiative, le bonheur, la dignité, la pensée et l’espoir. C’est nous l’Algérie, disaient-il? Nous l’incarnons.
Qui sont alors ces millions d’Algériens qui regardent d’en bas ces effigies?
Pendant plus de 58 ans, ils ont acquiescé à leurs politiques, leurs désirs, leurs mensonges, leurs affaires scabreuses, leurs mises en scène. Ils ont accepté tous les sacrifices, uniquement pour bâtir une nation de droits et de libertés où il ferait bon vivre. Malheureusement, la sacralité, l’arrogance et le mépris de ces dirigeants ont trahi la confiance qu’avait ce peuple vis à vis de leur politique.
Benbella en tête, avait emprisonné ses compatriotes de combat de première heure et s’est octroyé, par la force, tous les pouvoirs dans un parti unique où primaient uniquement ses décisions. Boumédiene plus futé et imbu en a fait de même en s’entourant d’un conseil de la révolution choisi parmi ses acolytes des frontières pour gouverner en main de fer et le dernier, Bouteflika, l’imposteur, a éliminé tout le monde et s’est protégé en plaçant ses proches et les plus minables pour avoir tous les projecteurs dirigés sur sa personne. C’est ainsi qu’ils ont confisqué le pouvoir et tout ce qui va avec.
Dotés d’une capacité de persuasion, l’un par la colère, l’autre par la violence et le dernier par la malice du verbe, ils ont fini par brisé le cordon ombilical qui les reliait à leur peuple. C’est ainsi qu’ils ont perdu toute la confiance et le respect de ce peuple.
Les effets qu’a engendré cette façon de faire de la politique se sont ancrés dans le subconscient du citoyen. On a fini par adorer et vénérer Bouteflika qui a ruiné, terni et détruit l’image de L’ Algérie. On a respecté Boumédiene, le sanguinaire, pour sa rigueur et son faux patriotisme et on a aimé Benbella, le populiste, parce qu’il était le premier chef d’état qui a mis fin à une révolte de ses anciens compatriotes dont le peuple n’en voulait pas. Sept années de guerre suffisaient. Mais, on les a haï pour ce qu’ils ont fait.
Le premier a instauré le régionalisme, le second la dictature et le troisième la rapine. Ces trois façons de faire de la politique ont engendré le banditisme et le crime d’état. Des règlements de compte en haut lieu.
Fallait-il qu’ils s’élèvent et s’érigent en faussant l’histoire et en réduisant la société toute entière en toutous?
Fallait-il qu’ils s’approprient tous les pouvoirs pour gouverner un pays et décider du destin d’un peuple?
Bien sûr que non.
Nous y voilà maintenant encore, avec les mêmes procédés d’une gouvernance héritière de ces mégalomanes, psychopathes et schizophrènes.
Noureddine Ait Hamouda, fils de Amirouche vient d’être incarcéré parce qu’il a osé critiquer des personnalités qui ont fait l’histoire de l’Algérie.
Dans ce pays, on n’a pas le droit de toucher aux symboles de l’histoire. Ils sont sacrés. Et pourtant, combien ont été assassinés, combien ont été poussés à l’exil, combien ont été emprisonnés par ceux-là mêmes qui dictent ce droit.
C’est aux historiens et au peuple de juger les personnalités politiques qui ont fait l’histoire de l’Algérie contemporaine et non à la justice, de surcroît, soumise aux ordres.
Toute personne politique est sujette aux critiques et aux jugements. C’est une personne publique qui est aux services d’une nation. Il a des fonctions à remplir et à exercer en son âme et conscience. Il est par conséquent moralement imputable envers une nation, de ses gestes posés.
Aujourd’hui, vu la situation dans laquelle se retrouve l’Algérie, le peuple a le droit de se poser des questions sur son histoire révolutionnaire, sur ses chefs historiques qu’on a sacralisé au bon vouloir du régime en place.
Le refus des autorités Françaises et Algériennes d’accéder aux archives expliquent bien des choses. Les historiens auraient pu, depuis longue date, écrire en détails la vraie histoire et non celle qui se racontent par les troubadours du régime, pour éviter toute équivoque.
Noureddine Ait Hamouda vient de jeter un pavé dans la marre en désacralisant des figures de l’histoire. Pourquoi l’avoir incarcéré ?
Ceux qui ont eu l’humilité et le vrai sens du patriotisme ont laissé des consignes et des écrits pour être inhumés dans leur village natal parmi leur peuple et non dans un musée mortifère. Pour les autres il y aurait sûrement trop à dire. La preuve en est là, aujourd’hui, devant nous.
Et dieu seul sait à qui revient le mérite. .
Tribune de l’Algérie libre